de Orson Scott Card
Le troisième tome de la nouvelle quadrilogie dans le monde d'Ender est sorti récemment et je me suis empressé de le lire. Je ne m'attendais pas à un chef d'œuvre mais j'espérais bien retrouver le plaisir des deux premiers volumes (et dans une moindre mesure celui de La Stratégie Ender). Quelle déception au final!
Ce n'est pas que le livre est inintéressant ou mal écrit, c'est juste qu'il est affreusement plat. L'intrigue est morne du début à la fin, sans surprise et sans originalité. Encore pire, les croyances religieuses de l'auteur transparaissent à tort et à travers, ce qui est assez désagréable pour qui ne les partagent pas. Entre les embryons à peine fécondés qui sont considérés comme des enfants et la croyance dans la prédisposition génétique, j'ai parfois eu plus l'impression de lire le prêchi-prêcha d'un fondamentaliste chrétien US qu'un bouquin de SF.
C'est sincèrement dommage car toute l'histoire de Peter Wiggin en tant qu'Hégémon aurait pu être intéressante, surtout avec les détails que Card avait laissé dans sa première quadrilogie. De même, la vie des enfants de l'école de guerre pris dans la géopolitique terrestre à leur retour de la guerre contre les Doryphores aurait pu donner quelque chose de palpitant, après L'ombre de l'Hégémon qui avait convenablement introduit la situation.
Reste à espérer que le dernier tome, visiblement d'avantage centré sur Bean, sera d'un niveau un peu plus proche de la première quadrilogie ou au moins du premier tome de cette nouvelle série.
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de Isaac Asimov
Bien que je sois un grand fan de SF de toute époque, je dois reconnaitre que je n'ai pas lu tous les grands classiques de cette littérature. J'ai parfois de bonnes raisons (comme pour le Seigneur des Anneaux qui est sincèrement imbitable au début) et parfois non. Alors j'essaie de temps en temps de combler ces lacunes impardonnables comme le fait que je n'avais quasiment rien lu d'Asimov.
Cette erreur est maintenant réparée depuis que j'ai terminé Fondation, un recueil des trois premiers roman du cycle de "Fondation". Sans avoir vraiment dévoré les pages du livre, j'ai passé un bon moment dans l'un des deux univers majeurs de Asimov.
Première constatation: le style ne fait pas trop daté. Il y a bien sûr quelques détails qui trahissent que les trois romans ont été publiés entre 1951 et 1953 mais l'écriture est résolument moderne tout comme l'intrigue. Je soupçonne en fait les écrivains post-Asimov d'avoir plagié de nombreux éléments de ce space-opera particulier, rendant ainsi l'histoire intemporelle.
Regrouper les cinq premiers romans en deux volumes semblent être une bonne idée mais donne l'impression au lecteur de sauter du coq à l'âne entre deux histoires. Même si on voit clairement qu'on a changé de roman, les similitudes et la continuité entre les intrigues m'ont un peu déstabilisées. C'est purement psychologique mais je pense que j'y aurais été moins sensible si j'avais lu l'histoire dans trois bouquins différents.
Les trois livres de ce recueil sont de qualités inégales. Si Fondation et Fondation et Empire m'ont beaucoup plu, seule la première partie du troisième tome (Seconde Fondation) m'a semblé à la hauteur des précédents. je trouve que l'intrigue post-Mulet se trouve diluée et assez capilo-tractée avec ses surhommes de la Seconde Fondation.
Je vais attendre un peu et laisser passer quelques romans avant de m'attaquer à la suite du cycle, ça me laissera sûrement le temps d'être à nouveau réceptif aux intrigues du second recueil de 1000 pages intitulé Fondation Foudroyée...
de Kevin J.Anderson
Un livre de plus (le sixième) de la Saga of Seven Suns et toujours la même écriture si fade. Une fois de plus, on passe d'un bout à l'autre de la galaxie toutes les deux pages, à suivre les différents (et nombreux) protagonistes dans leurs pérégrinations. A force de papillonner d'une histoire à l'autre, je me suis retrouvé à lire sans grand intérêt les aventures des héros. Il aurait vraiment fallu que Kevin Anderson se consacre plus à chaque histoire, quitte à se limiter à deux ou trois personnages principaux par tome de sa saga.
Il en aurait d'ailleurs profité pour peaufiner l'intrigue, qui tourne souvent à vide. Dans ce Metal Swarm par exemple, on suit avec très peu d'attention la vie de deux méchants (très méchants d'ailleurs, encore une fois l'histoire est trop manichéenne) tandis que certains points importants sont expédiés en un chapitre (donc entre deux et quatres pages en moyenne).
Depuis le temps, je ne m'attendais pas à un chef-d'œuvre et comme ça je n'ai pas été déçu. Ce livre se lit sans déplaisir mais sans susciter le moindre enthousiasme. Malgré tout ça ne m'empêchera pas d'acheter le septième tome lorsqu'il sera disponible en poche ne serait-ce que pour connaître la fin et améliorer mon anglais mais sans précipitation ni excitation.
Le plein s'il vous plaît
de Jancovici - Grandjean
Un petit livre de 180 pages pour tordre le coup aux idées préconçues sur l'énergie et le réchauffement climatique, ça vous dit?
Le plein s'il vous plaît est un essai intelligent sur les conséquences de notre consommation en énergies fossiles telles que le pétrole ou le gaz naturel et qui remet habillement dans leurs contextes économique et écologique nos besoins énergétiques. Du bon sens saupoudré de quelques chiffres et des prévisions qui semblent faire l'unanimité chez les climatologues donnent un certain crédit à cet ouvrage.
Vu que la thèse avancée par les auteurs est assez proche de ce que je pense, je ne peux pas donner une critique objective du contenu de ce bouquin. Je suis malgré tout assez content de voir que je ne suis pas le seul à penser que le durcissement des conditions de vie risque de conduire nos sociétés vers un avenir assez sombre et totalitaire.
Il n'empêche que la démonstration tient la route, que certaines points font mouches et que le travail de vulgarisation rend ce livre accessible à tout le monde. Et si on suit la pensée des auteurs qui citent Tocqueville, c'est le parfait petit manuel pour éduquer les gens et donc par extension nos dirigeants politiques pour qu'ils tentent de changer de cap avant qu'il ne soit trop tard.
Néanmoins, la solution de la taxe progressive des énergies fossiles est peut être une bonne idée mais clairement un rêve dans notre monde capitaliste ce qui rend le livre assez sombre car c'est la seule alternative que les auteurs proposent. Et voir les problèmes écologiques uniquement sous l'angle du réchauffement climatique via le CO2 est assez limitatif, mettant même en avant le nucléaire sans en citer les inconvénients ni le fait que nos réserves d'uranium ne nous garantissent pas plus de 80 ans de matière première... à croissance constante! Or si notre demande en énergie électrique d'origine nucléaire augmente, on arrivera encore plus tôt à une pénurie de matière fissible...
L'Homme aux cercles bleus
de Fred Vargas
Rien de tel qu'un bon petit polar de temps à autres pour se faire plaisir et là, je dois dire que je suis tombé sur un qui vraiment bon! Doté d'une intrigue très bien ficelée et de personnages crédibles, ce bouquin m'a accroché du début à la fin. Ce n'est pas le premier Vargas que je lis mais il ne me semble pas que L'Homme à l'envers (que j'avais pourtant bien aimé) m'ait autant tenu en haleine.
Evidemment, son Adamsberg mériterait un bon coup de pied au cul de temps à autre pour nous donner quelques explications de plus, surtout qu'il est facile pour un écrivain de rendre son personnage principal aussi génial que Sherlock Holmes. Mais au moins Conan Doyle éclairait un minimum les réflexions de son héros via Watson alors que Danglard sert un peu trop de faire-valoir à Adamsberg.
Mais vraiment je pinaille là parce que c'était vraiment un bon bouquin.
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